Méditation du Second Dimanche de l’Avent (A)

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Fernando BALEIA, SJ nous introduit à la Méditation avec les Lectures du Deuxième Dimanche de l’Avent (Année A) : Isaïe 11, 1-10 ; Psaume 71 (72), 1-2, 7-8, 12-13, 17; Romains 15, 4-9; Matthieu 3, 1-12

Un nouveau monde en faveur des pauvres arrive

Les lectures du deuxième dimanche de l’Avent sont remplies de beaucoup de symbolismes. Elles nous invitent à préparer le chemin, c’est-à-dire, notre cœur, pour accueillir dans la joie l’avènement du Sauveur. Jean le Baptiste nous montre dans l’évangile ce que nous pouvons faire pour préparer ce chemin. 

Dans la première lecture, le prophète Isaïe annonce quelques traits de la mission de celui qui vient : « Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l’esprit du Seigneur: esprit de sagesse et de discernement, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur qui lui inspirera la crainte du Seigneur », dit-il.  Dans cet extrait du prophète Isaïe, les traits mentionnés font référence au Messie, Jésus Christ, celui qui ne vient pas pour juger d’après l’apparence, mais juger avec justice; il vient aussi pour rappeler la droiture en faveur des pauvres et marginalisés parce que « la justice est la ceinture de ses hanches;  la fidélité, le baudrier de ses reins ». Combien de fois n’avons-nous pas jugé les autres d’après leur apparence? Dans la seconde partie du texte, le prophète annonce le nouveau monde, c’est-à-dire, le royaume de Dieu, caractérisé par la paix, d’où il n’y aura plus rien de mauvais ni non plus d’ennemies. Un royaume dans lequel « le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront ensemble, un petit garçon les conduira ».

Le psaume est la suite de la prophétie d’Isaïe: « Voici venir un jour sans fin de justice et de paix ». Le psaume nous montre non seulement un roi spirituel mais aussi politique, celui qui gouvernera son peuple avec justice et fera droit au malheureux. Toutefois, c’est un  roi qui fera fleurir la justice dans le monde. Quel est le sens que nous avons de la justice?

Apprenons à nous accueillir mutuellement à l’exemple du Christ

Dans la deuxième lecture, Saint Paul, insiste sur l’importance de l’espérance qui n’est possible que grâce à la persévérance. L’attente du Sauveur implique nécessairement le courage et sacrifice qui viennent à travers l’Ecriture et la prière. Dans les moments de faiblesse, de détresse, et d’angoisse, que faisons-nous pour surmonter les difficultés ? Ne nous laissons-nous pas corrompre par les biens matériels de ce monde ? Ne nous laissons-nous pas envahir par le désir d’avoir une vie facile ? Que faisons-nous pour aider notre compagnon, famille, collègue qui se trouve dans un moment difficile ? Sommes-nous capables de l’aider ou de l’inonder davantage? Ensuite, l’apôtre Paul nous rappelle sur la nécessité de nous accueillir mutuellement comme le Christ nous a accueillis. « Accueillez-vous donc les uns les autres comme le Christ vous a accueillis pour la gloire de Dieu, vous qui étiez païens ». Enfin, Paul ajoute que ce n’est qu’en raison de la fidélité de Dieu et de sa miséricorde que nous pouvons lui rendre gloire.

Dans l’évangile de ce dimanche, Mathieu nous présente Jean le Baptiste comme celui qui a eu la mission de préparer la voie et annoncer la venue du Sauveur. Une venue qui fut auparavant annoncée par le prophète Isaïe. «Voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers ». L’évangile nous présente un Jean le Baptiste humble, non seulement par ses paroles, ses vêtements, mais aussi par sa nourriture quotidienne. Vivant dans un monde marqué par le consumérisme, la vanité, et la soif du pouvoir, l’humilité  de Jean le Baptiste nous enseigne aujourd’hui, en tant que Chrétiens, d’avoir un cœur large pour accueillir la parole du Seigneur avec joie afin que nous puissions, à notre tour, nous laisser transformer par elle. Ensuite, l’évangile nous montre comment les habitants des régions lointaines  comme Jérusalem, Judée et Jourdain venaient pour se rendre auprès de Jean le Baptiste. Combien de personnes viennent vers nous pour un accompagnement spirituel, une confession, ou pour une simple et seine conversation? Notre manière d’être et de faire attire-elle les gens vers nous? Sinon, que faisons-nous pour continuer à susciter la confiance des autres vers nous? Jean le Baptiste apparait dans l’évangile comme celui qui donne le baptême de conversion pour les pardons de péchés. Se convertir signifie faire un demi-tour, autrement dit, revenir vers Dieu. Dans le sens de l’évangile, le baptême de Jean le Baptiste signifie, pour ceux qui venaient auprès de lui, se détourner de l’ancienne vie afin de revenir vers Dieu. Sommes-nous humble avec tous nos fardeaux, nos faiblesses, et orgueil pour revenir vers Dieu? Si non, qu’est-ce qui nous empêche de retourner vers le Seigneur ?

Nous sommes aussi appelés à nous convertir pour accueillir l’Enfant-Jésus

Enfin, Jean le Baptiste annonce la venue de celui qui est plus grand que lui dont il n’est pas digne d’être son serviteur: « Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu », affirme-t-il. En effet, Jean le Baptiste annonce la venue du Messie, celui qui est le véritable ambassadeur de la paix. Toutefois, pour recevoir le Seigneur en ce temps de l’Avent, en nous approchant vers Noël, il faut que chacun d’entre nous se convertisse. Cette conversion consiste avant tout à « reconnaître en nous un besoin, un désir, une nécessité d’être aimé, d’être sauvé, d’être pardonné. Il faut avoir faim et soif de justice, de paix, d’amour, et de beauté ». La conversation dont on parle dans l’évangile, c’est celle qui porte du fruit. Le dernier doit se traduire dans notre vie pratique de chaque jour, à travers notre manière de vivre, d’accueillir le prochain et d’aimer le Seigneur. Autrement dit, c’est le fruit à travers lequel s’exprime notre conversion.

Pendant ce temps de l’Avent, que le Seigneur  nous accorde la grâce de l’accueillir avec générosité, dans un moment où beaucoup de nos frères et sœurs souffrent à travers le monde à cause de l’injustice institutionnel, la guerre, la maladie, la famine.

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