La place de l’Intelligence Artificielle (IA) dans la formation intellectuelle, humaine et spirituelle des enfants et des jeunes a été au centre de nombreuses rencontres organisées à travers le monde durant les mois d’août et septembre 2026.
Début septembre, à Paris, une journée de réflexion sur la place de l’IA dans les salles de classe a été organisée par l’UNESCO. En août, à Nairobi au Kenya, des responsables universitaires, des directeurs de formation et des professionnels des TIC ont planché sur la question : « Comment éduquer et former les personnes à l’ère de l’intelligence artificielle ? », une initiative de la Conférence des Jésuites d’Afrique et de Madagascar (JCAM). Pendant cette même période s’est tenue, à Addis-Abeba, capitale de l’Éthiopie, une rencontre internationale de réflexion sur « l’avenir de l’éducation catholique en Afrique », organisée par le Symposium des Conférences Épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM). La rencontre a réuni des présidents de conférences épiscopales, des évêques, des dirigeants d’universités, des religieux et religieuses, ainsi que des laïcs engagés.
À y regarder de plus près, les participants à ces diverses assises sont arrivés à la même conclusion : il faut former les acteurs qui gravitent autour du système éducatif à l’hygiène numérique en général, et à l’IA en particulier.
De manière spécifique, la rencontre de Nairobi initiée par les Jésuites estime que l’avenir de l’éducation jésuite en Afrique, au niveau supérieur, sera « mesuré non pas par la quantité de technologie, mais par la manière de former des personnes à l’intelligence, au jugement éthique et à la compassion qui guident l’utilisation de l’IA ».
Les dignitaires de l’Église catholique d’Afrique ont, eux, élaboré et adopté une feuille de route 2026-2031 visant à transformer les « structures éducatives en véritables moteurs de développement humain intégral et de leadership éthique, à travers toute l’Afrique », lit-on dans la « Déclaration d’Addis-Abeba sur l’Éducation Catholique » qui a sanctionné la fin des travaux du SCEAM. Et ce changement passera, entre autres, par la « modernisation technologique », avec à la clé un « investissement massif dans le numérique ». Toutefois, ils recommandent une utilisation « responsable et éthique » de l’IA, tant dans « les méthodes d’enseignement que dans les travaux de recherche ».
Les démarches observées à travers ces différentes rencontres internationales autour de l’IA sont à saluer.
Comme d’autres observateurs, nous partageons personnellement la réflexion selon laquelle, dans le processus de formation des enfants et des jeunes, l’IA doit rester un outil au service de la personne. Elle ne doit pas remplacer l’humain. La pédagogie ignatienne, qui promeut le discernement et la réflexion, doit veiller à ce que l’IA ne prenne pas la place du maître dans les salles de classe, mais qu’elle reste un outil qui aide à développer l’intelligence humaine.
Des intentions ont été exprimées, des feuilles de route élaborées et adoptées. Maintenant, il faut passer à l’action : l’étape de la mise en œuvre des engagements pris, en mettant l’accent, en priorité, sur la formation des enseignants et des élèves à l’hygiène numérique.
« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », écrivit François Rabelais, pour alerter sur la nécessité de mettre en avant la conscience — bien éclairée — dans notre rapport à la science. Lorsque celle-ci est mal utilisée, elle peut devenir une arme redoutable contre l’homme. À méditer !
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