Ça y est ! Tout le monde est à l’école. La rentrée scolaire 2026-2027 est effective dans tous les établissements jésuites de la Province d’Afrique de l’Ouest (PAO). C’est le grand soulagement de tous les acteurs de l’éducation après les préparatifs harassants. Des parents ont changé d’établissement pour leurs enfants. Certains ont opté pour une école bilingue, d’autres ont cherché un établissement catholique ou un établissement jésuite.

La PAO en compte désormais au moins cinq, avec le dernier-né. Il s’agit du Lycée Scientifique Père Gali (LYS-PG) de Lomé, au Togo. Vous lirez un article consacré exclusivement à ce nouveau-né dans ce numéro 320 des Nouvelles de la PAO du mois d’octobre 2026. Nous souhaitons une longue vie au LYS-PG. Passons !

Au seuil de cette rentrée, la rédaction des Nouvelles de la PAO adresse ce message aux parents d’élèves : soyez la meilleure école !

Dans son œuvre littéraire, L’Aventure ambiguë (1961), l’écrivain sénégalais Cheikh Hamidou Kane, qui nous a quittés le 4 octobre 2026, n’a-t-il pas mis en exergue le rôle fondamental des parents lorsqu’il pose cette question : « Qui éduque vraiment l’enfant ? ». L’auteur répond lui-même en déclarant : « Les gens de mon milieu recevaient une éducation à la fois traditionnelle et religieuse administrée par l’ensemble de la communauté, soit la « famille élargie » qui comprend les parents biologiques certes, mais s’étend aussi sur plusieurs générations ». Pour Cheikh Hamidou Kane, l’éducation reste l’affaire de toute la communauté.

Dans l’encyclique Humanae Vitae (1968), le Pape Paul VI abonde dans le même sens lorsqu’il parle de « paternité responsable ». Il rappelle ainsi aux parents leur mission de « collaborer consciemment avec le Créateur pour transmettre et éduquer la vie » de leurs enfants. L’école peut donner une leçon, mais c’est à la maison que les parents donnent à leurs enfants le goût d’apprendre.

D’ailleurs, dans des collèges jésuites, il existe une longue tradition : « l’école des parents ». Ce sont des rencontres initiées périodiquement pour sensibiliser les parents à leur rôle dans l’éducation de leurs enfants. Malheureusement, ces occasions d’échanges entre éducateurs et parents tendent, hélas, à disparaître dans certains établissements. Aux jésuites et à leurs collaborateurs engagés dans l’apostolat de l’éducation, de redynamiser ce genre de rencontres pour redonner à « l’école des parents » toute sa place dans le calendrier scolaire. Car l’éducation des enfants est l’affaire de tous, n’est-ce pas ?

Aux parents d’élèves qui nous liront nous leur rappelons : autant que les éducateurs professionnels vous êtes responsables de l’éducation de vos enfants. Aucun enseignant ne pourra faire de miracle pour la réussite d’un enfant qui n’est pas bien suivi et encadré par ses parents. La famille est et demeure la première salle de classe, un espace où l’enfant découvre le goût de l’effort à fournir pour retenir, par exemple, les formules de mathématiques. Un enfant qui réussit, ce n’est pas forcément celui qui fréquente la meilleure école. C’est un enfant qui a bénéficié d’un meilleur encadrement de ses parents à la maison.

Pierre Boubane

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