MEDITATION DU QUATRIEME DIMANCHE DE CAREME ANNEE B (2021)

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Le Père Tito Victor Yétongo, SJ., nous introduit à la Méditation avec les Lectures du Quatrième Dimanche de Carême (Année B) : 2 Ch 36, 14-16.19-23; Ps (136 (137), 1-2, 3, 4-5, 6); Ep 2, 4-10; Jn 3, 14-21

Que ma langue s’attache à mon palais si je perds ton souvenir ! (Ps 136, 6a)

Ces propos du psalmiste expriment l’essentiel ou le fondement de toute alliance qu’elle soit humaine ou divino-humaine: se souvenir… ou faire mémoire… Déporté à Babylone en terre d’exil en -587, le peuple de l’Ancienne Alliance s’est souvenu de Dieu après avoir perdu mémoire de son Alliance. Fort heureusement Dieu a fait miséricorde en ramenant son peuple à Jérusalem comme le souligne la 1ère lecture (Chroniques36, 14…23). Tout comme ce peuple, il nous arrive souvent de perdre mémoire de la Nouvelle Alliance que le Christ a conclue, en accomplissement de l’Ancien Alliance suivant la volonté du Père et dans la puissance de l’Esprit Saint, en ces termes : … : “Ceci est mon corps, qui est pour vous ; faites ceci en mémoire de moi.” De même il prit la coupe aussi, après le souper, en disant : “Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang : faites ceci, toutes les fois que vous la boirez, en mémoire de moi.” (1Co11, 24-25).

Que nous soyons riches ou pauvres financièrement ou matériellement, il nous arrive de perdre mémoire de Dieu et de son Alliance comme l’exprime bien l’auteur du livre des Proverbes : Ne me donne ni pauvreté, ni richesse, accorde-moi le pain qui m’est  nécessaire, de peur qu’étant rassasié, je ne te renie et ne dise : qui est l’Éternel ? Ou qu’étant dans la pauvreté, je ne commette un vol et ne porte atteinte au nom de mon Dieu. (Proverbes 30.8b-9).

Dieu qui nous a tant aimés continue de nous aimer

Ce ne sont pas seulement les riches financièrement ou matériellement parlant qui courent le risque de ne plus se souvenir du Seigneur et de le renier, mais aussi chacun et chacune de nous à qui le Seigneur a confié une parcelle d’autorité que ce soit en famille, dans la vie religieuse, socio-professionnelle, économique et politique. Nous perdons mémoire du Seigneur et de son Alliance toutes les fois qu’au lieu d’exercer cette autorité en tant que service à la suite du Christ qui est venu servir et non se faire servir, nous l’exerçons à la manière des puissants de ce monde, écrasant époux ou épouse, enfants, collègues, confrères ou consœurs… dans la vie conjugale, familiale, sociale, … sacerdotale ou religieuse. Ainsi nos vies cessent d’être une louange à Dieu…

Écrasés par la pauvreté, le dénuement et la misère, parfois nous pourrions douter de la présence de Dieu à nos côtés et tomber dans des comparaisons qui conduisent souvent à l’envie, la jalousie, le vol et au pire des cas au meurtre. Ainsi, perdons-nous aussi mémoire ou souvenir du Seigneur et de son alliance et nos vies cessent d’être une louange à son nom…

Même si nous avons perdu toute mémoire de son alliance et nos vies ont cessé d’être une louange à son saint Nom, dans notre marche vers les festivités pascales, Dieu qui nous a tant aimés et continue de nous aimer comme le souligne la 2ème lecture (Eph2, 4-10) est prêt à nous offrir sa miséricorde par son Fils qui est venu non pas pour juger le monde comme le souligne l’évangile (Jn3, 14-21) mais pour que par Lui le monde soit sauvé.

Que faire comme effort de carême ?

Renouveler notre foi en Dieu et quitter les ténèbres pour l’admirable Lumière que nous rappellera la Sainte Nuit de la Veillée pascale.

…le Jugement, le voici : la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises Jn3, 14-21.

Que Dieu nous donne la force d’abandonner toutes nos œuvres des ténèbres et la grâce de briller en tant que lumières au cœur de nos familles, nos communautés, notre société par nos œuvres qui doivent être celles de la foi (Jc2, 14-26) pendant ce temps de carême.

Amen !

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