Spiritualité

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La spiritualité ignatienne se réfère à l’expérience spirituelle de Saint Ignace qui peut se résumer en cette formule d’Ignace lui-même «chercher et trouver Dieu en toutes choses». C’est par cette formule qu’Ignace répond à la question: comment concilier présence au monde et présence à Dieu?

Ignace met l’accent sur le sujet, l’intériorité, l’effort subjectif pour le salut, la réflexion et la responsabilité morale existentielle. Il veut sauvegarder une cohérence entre la foi et la vie, la prière et le travail, l’amour passionné de la terre et des hommes et l’amour de Dieu.

Les grandes lignes de la spiritualité ignatienne

1. La vie spirituelle d’Ignace est fondamentalement trinitaire. La dévotion envers la trinité et la mystique qui en découle occupent la première place dans sa vie. Ignace est convaincu que, être humain, au sens le plus radical, signifie être le destinataire de l’offre que Dieu fait de lui-même et qui doit être librement acceptée ou rejetée par l’homme qui écoute le verbe de Dieu fait chair et s’abandonne à l’Esprit d’Amour. Pour Ignace la personne humaine est rattachée au Dieu Père qui est venu à la rencontre de l’homme dans son Fils Jésus pour l’entraîner dans l’aventure mystique de l’Esprit d’amour.

2. La solidarité avec Jésus-Christ qui s’est manifesté à Ignace dans la vision de la Storta comme portant sa croix, conduit Ignace à s’engager au service de celui qui a livré sa vie pour le salut du monde. Pour Ignace, Jésus est actuellement présent, toujours agissant, poursuivant à travers à les siècles la mission que lui a confiée le Père et qu’il a inaugurée lors de sa vie terrestre. La rencontre avec le Christ débouche sur une mystique de service, confirmé par la vision de la Storta. Le Christ Jésus qu’il contemple et qu’il sent intérieurement est toujours perçu sous les traits du serviteur de Dieu.

3. L’itinéraire symbolique et mystique d’Ignace qui commence à Manresa, le conduit de la Storta à Rome. Ignace est convaincu «qu’entre le Christ notre Seigneur, qui est l’Epoux et, et l’Eglise son Epouse, il y a un même Esprit qui nous gouverne et nous dirige pour le bien de nos âmes » (Ex. 365). Ce sens mystique de l’Eglise est la troisième ligne de force de la spiritualité ignatienne. L’homme qui porte ce regard sur l’Eglise a fait lui-même l’expérience de la dureté et de l’injustice des structures et de l’administration ecclésiastique. Les procédures que l’inquisition a engagées contre lui n’ont cependant pas réussi à détourner le regard de foi d’Ignace sur l’Eglise.

C’est pourquoi elle reste le critère décisif dans le discernement des esprits. Pour Ignace, l’Eglise n’est pas seulement une organisation extérieure, elle est d’abord le corps visible du Seigneur lui-même. Pour sa plus grande gloire, il s’offre à servir dans l’Eglise, mieux à aimer l’Eglise comme notre mère.

4. Une quatrième caractéristique de la spiritualité ignatienne est l’ouverture au monde. La conversion d’Ignace à travers de douloureuses purifications vécues à Manresa le conduit d’abord à fuir radicalement le monde comme réaction contre la vanité d’autrefois. Mais cette fuite du monde se transforme au gré de la grâce du cheminement spirituel d’Ignace en une consécration à la trinité, au Créateur et Seigneur de l’univers qui par le Christ crucifié et ressuscité veut inaugurer la terre nouvelle et les cieux nouveaux. Libre parce que libéré par le Christ et son Esprit, Ignace peut se tourner entièrement vers le monde. Son ouverture au monde est le fruit d’une connaissance spirituelle qui s’accomplit dans le service des hommes.

5. Une telle connaissance spirituelle n’est jamais acquise une fois pour toutes mais le fruit d’un discernement spirituel permanent personnel et communautaire. C’est la cinquième caractéristique de la spiritualité ignatienne. Pour trouver Dieu en toutes choses il faut avoir un cœur pur et un regard clair et choisir uniquement ce qui nous conduit davantage à la fin pour laquelle nous sommes créés (Ex. 23). Cette logique de l’engagement existentiel envers la volonté de Dieu ouvre l’homme sur le mystère du Dieu vivant et vrai qui écrit son récit dans l’histoire des hommes.