Cté Goundi

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Le Tchad est le premier en date des pays d’Afrique où la Compagnie s’est implantée. Ailleurs, la Compagnie vient en Afrique en réponse à l’appel d’évêques ou de conférences épiscopales. Au Tchad, il s’agit de l’appel d’un peuple, interdit d’évangélisation par une politique coloniale qui privilégie la « paix musulmane » ; appel entendu et répercuté avec grande force et insistance par le Père Frédéric de Bélinay. En 1947, sera confiée aux Jésuites la Préfecture apostolique de Fort-Lamy qui recouvre en fait les deux diocèses actuels de N’Djamena et de Sarh. C’est l’Eglise du Tchad que la Compagnie y fonde, de concert avec les Capucins, les Oblats ; ce sont les premières pages de l’histoire d’une Eglise qui s’écrivent. Les Pères et Frères qui vivent cette aventure font une expérience fondatrice; et, à lire les récits de leurs débuts, ils mettent en pratique la belle maxime de saint Ignace: « prêcher en pauvreté », pauvreté en missionnaires, pauvreté en ressources apostoliques, pauvreté personnelle de leurs conditions de vie.

Notons enfin que la fondation de paroisses n’absorbe pas tout le travail. Le catalogue de 1974 montre que le Centre spirituel des Rôniers est ouvert, que la Compagnie a pris en charge le Collège Charles Lwanga de Sarh, ouvert une école de catéchistes à Koumogo, qu’un Père Robert Langue est modérateur du «Centre d’action sociale CEFOD».

Après cet arrêt sur les origines, reprenons le fil de cette histoire sous un angle surtout numérique, toujours en parcourant les catalogues. La mission continue de se développer, de nouvelles paroisses ou stations ou résidences s’ouvriront, un hôpital sera fondé à Goundi dès le 1° janvier 1974. Ajoutons, pour n’être pas trop incomplet, qu’à partir de l’année 1985, la Compagnie se voit confier la fondation et la direction du premier grand séminaire tchadien. Elle assumera cette responsabilité jusqu’en l’an 2000. Mais jamais le nombre des jésuites employés au Tchad n’augmentera. La Compagnie a donné son maximum !

Progressivement, les jésuites vont passer la main :

  • A mesure que les premiers missionnaires prennent de l’âge sans pouvoir être remplacés par des compagnons plus jeunes.
  • A mesure que le clergé tchadien est en mesure à même de prendre le relais.
  • Mais aussi à mesure que la PAO, ayant désormais à écrire sa propre histoire et à fonder de nouvelles implantations, fera appel au personnel disponible là où il est plus abondant.

Quant à la situation numérique du personnel jésuite au Tchad, elle prend l’allure d’un déclin continu à partir des dix dernières années : 82 jésuites en 1974, 78 encore en 1990, 49 en 2000, 37 en 2002, 33 en 2010, 31 en 2015

BP: 87 Sarh

Tel: 235-66.63.15.69