Douala : la fête d’Assomption célébrée à la prison centrale de New Bell

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A travers l’invitation du Père Honoré Onana Olah, SJ à célébrer la fête de l’Assomption à la prison centrale de New Bell, Douala (Cameroun), j’ai fait l’expérience inoubliable d’une rencontre avec le Seigneur. En effet, la messe fut célébrée à 10h à la prison centrale le jeudi 15 Aout. Toute excitée, j’ai accepté sur le coup l’invitation car j’étais très curieuse de voir de mes propres yeux ce qui est dit dans les médias sur cette prison. Le lendemain, j’ai proposé à mes amies de me joindre dans l’aventure mais elles ont refusé car elles avaient peur en disant : « c’est quand même Newbell, Et si quelque chose nous arrive ? » Du coup, j’ai commencé à m’imaginer des choses et je réalisais déjà le risque que je prenais, mais il était déjà tard pour reculer.

Le jeudi matin, ma curiosité avait pris le dessus et j’avais moins peur. Je fus la première à arriver au lieu de rencontre tout en attendant avec angoisse et stress l’arrivée du Père Honoré et de son équipe. J’ai eu le temps de bien remarquer comment cette prison était petite avec des vieux murs, loin de ce que je pouvais m’imaginer ; j’ai recommencé à avoir peur. Alors au moment d’entrer, le gardien a récupéré nos téléphones et cartes personnelles, l’adrénaline continuait a augmenté et je lui ai demandé é si je pouvais même lui laisser mon sac et mon parapluie une fois ; J’ai retiré ma montre et bijoux car j’avais vraiment peur de les perdre dans la prison.

Une expérience pas comme les autres

Nous sommes entrés et avons marché quelques 10 mètres. Moi j’avais la tête baissé et marchais vite derrière les autres tellement j’avais peur. Nous sommes arrivés dans une salle pleine peu ventilé avec un autel joliment décoré, et sommes assis dans un coin à côté des servant de messe et de la chorale (j’étais déjà surpris de voir qu’il y avait une chorale en tenu, équipée en plus avec les xylophones, tambours, micros etc., oh qu’ils étaient beaux et propres). On nous a distribué le programme de messe, je suis étonné qu’ils en ont mêmes. Les enfants de cœur et lecteurs dans leurs robes blanches bien repassés se sont approchés de l’autel suivi du prêtre et la messe a commencé. Les fidèles étaient très attentifs et ce qui m’a marqué encore plus, c’est pendant la lecture de l’évangile tiré de Luc 1,39-56, ils récitaient le magnificat avec le prêtre. La chorale et les fidèles chantaient si bien qu’on pouvait lire sur leurs visages ; la paix, l’amour pour le Christ et la joie. Apres la messe ils nous ont invité à partager leur repas du dimanche cuisiné par eux-mêmes différents du fameux cornchaff (maïs et haricots) qu’on leur partage.

Nous avons discuté avec eux quelques minutes et ils nous ont expliqué que la nourriture venait des dons des bienfaiteurs de l’extérieur. Sans cette nourriture, ils devront se contenter du cornchaff ou des pains racis (pains jetés qui ont déjà fait plus de 2 jours dans les boulangeries de l’extérieure) qui sont en vente dans la cour de la prison. En entrant, nous avons remarqué des personnes couchées sur des plastiques sur le sol mouillé, ils nous ont expliqué que ces personnes dorment dans la cour mais comme il avait plu la veille, ils n’ont pas pu dormir.

En sortant de cette école, je n’avais plus peur, je marchais tête haute en regardant tous les recoins et facettes de cet endroit lugubre et si peu propre. C’était une expérience inoubliable de suivre la messe avec ces aimables fidèles humbles et  solidaires et je me suis promise de les venir en aide via l’aumônerie de la prison centrale de Newbell.

Mekontchou M Aurélie

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