MEDITATION DU DIMANCHE DES RAMEAUX ANNEE C (2019)

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Nicole Facheux*, nous introduit à la Méditation avec les Lectures du Dimanche des Rameaux (Année C) : Luc 19, 28-40 ; Isaïe 50, 4-7; Psaume 21 (22), 8-9, 17-18a, 19-20, 22c-24a; Philippiens 2 6-11; Luc 22, 14 – 23, 56

Aimer c’est tout donner et se donner soi-même

Notre méditation va nous aider à redécouvrir ces textes sous un angle nouveau à partir du chant: “aimer c’est tout donner et se donner soi-même”. Dans certains pays, jusqu’à une certaine époque, lorsqu’on recevait une personnalité importante telle qu’un chef d’Etat, la ville se faisait belle, avec du nettoyage, balayage, coups de peinture sur les bâtiments et édifices. Le jour-J, la personnalité était reçue avec faste et circulait dans les rues, au milieu d’un long cortège de voitures luxueuses. Jésus, défiant toute considération humaine, lui, qui est Roi, fera son entrée dans la ville de Jérusalem, avant sa passion, non pas dans une voiture luxueuse, ni sur un animal majestueux qu’est le cheval, mais sur un ânon (Lc 19, 35). Jésus nous fait déjà entrevoir l’importance de la simplicité, de la petitesse ; bien qu’il soit accueilli par des cris de joie de la multitude des disciples. Ces derniers scandent : “ Béni soit celui qui vient, lui, notre Roi” (Lc 19, 38) avec des branchages que nous appelons ‘palmes’ ou ‘rameaux’ et que nous utilisons encore aujourd’hui, respectant la tradition, et gardons chez nous en signe de révérence et piété. Il donnera ainsi son sens au mystère que nous célébrons chaque année dans la Semaine sainte dans l’Eglise Universelle: La Commémoration des Rameaux et de la Passion du Seigneur.

C’est en Prince, Roi de la Paix (Is 9,5), qu’il révèlera l’importance de l’amour du prochain, qui pousse à rechercher le bien des autres, à les servir, et qui n’est pas vain.

La recherche du bien du prochain, c’est-à-dire des personnes qui sont autour de nous est une conséquence logique de l’amour que nous avons pour les autres. Cet amour lui-même est un des fruits de l’amour que Dieu a versé dans nos cœurs par son Esprit-Saint (Rm 5, 5).

Servir les autres, peut sembler être réducteur, dégradant, humiliant

Les Apôtres dans l’Evangile comme nous aussi parfois, se sont souvent posé certaines questions, alors qu’ils ont eu le privilège d’accompagner le maître, et d’être nourris par sa parole de vie. Certaines de leurs questions semblaient refléter quelque peu leurs velléités de pouvoir, leur désir de domination, d’occuper la première place, pourtant Jésus a bien pris soin de leur rappeler que la vraie grandeur se trouve dans le rabaissement, la petitesse, le service (Mt 16,24 ; Mc 8,34).

Servir les autres, peut sembler être réducteur, dégradant, humiliant, surtout quand on a une once d’autorité. Comment concevoir pour certains dans notre monde d’aujourd’hui que celui qui est considéré comme le « maître ou le patron » partage son repas avec ses « serviteurs ou ses subordonnés »? S’incline devant eux? Travaille avec eux et surtout pour eux? Alors qu’il peut de son bureau aux murs capitonnés appuyer autant de fois qu’il en a envie sur une sonnette pour se faire servir de tous même  des heures indues?

Pourtant pour Jésus, c’est exactement le contraire qu’il convient de faire: servir simplement. Dans l’Evangile, il se présente aux Apôtres comme leur serviteur et exemple qu’ils doivent suivre. Il leur rappellera de se comporter différemment, leur faisant découvrir un sens assez particulier et inattendu des concepts qui leur sont pourtant familiers: le plus grand doit devenir comme le plus jeune, et le chef comme le serviteur (Lc 22,24-27).

Oui, “Aimer c’est tout donner et se donner soi-même”

Faire des promesses, faire preuve d’impétuosité et de témérité comme Pierre par exemple n’est pas approprié ou nécessaire, car malgré tout, ce même Pierre reniera quand même son Maître Jésus (Lc 22,34). Le service ici exige plus de profondeur, dans la fidélité, l’obéissance, le sens d’écoute ou la prière pour ne citer que cela, et peut aller jusqu’à un niveau dont beaucoup se passeraient bien: Le don de soi qui peut passer par la souffrance. Cette souffrance est bien illustrée dans la première lecture tirée du livre d’Isaïe, où le serviteur souffrant est ce disciple fidèle de Dieu qui ne se dérobe pas dans les épreuves (Is 50:6).

L’amour du prochain n’est pas vain. Un simple sourire, un “bonjour, comment ça va? Une attention apparemment anodine peut apporter de la joie dans le cœur d’un être torturé ; à l’exemple de cette jeune dame, (et bien d’autres), victime de viol dans son enfance, toujours triste, mais qui a retrouvé la joie, juste parce qu’une personne, qui n’était pas du tout au fait de sa difficile expérience lui adressait toujours un sourire et lui demandait comment elle allait ! Cette attention l’a touchée et encouragée dans sa vie de foi, car elle ne s’est plus sentie seule. C’est en vue du salut des personnes comme elle, et pour tous et toutes, que Jésus s’est abaissé et a été obéissant, comme il est dit dans la deuxième lecture, jusqu’à la mort, et à la croix (Ph 2,8). Oui, “Aimer c’est tout donner”, “Aimer c’est tout donner et se donner soi-même” comme nous le rappelle encore sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face.

Le nom de Jésus en lui-même constitue un trésor. Il illustre et manifeste l’amour de Dieu pour chacun de nous. Jésus, Yeshua en Hébreu qui signifie salut, délivrance, victoire, peut être considéré comme l’assurance que la tristesse, la mort n’ont pas le dernier mot, car la victoire de la vie nous est garantie. “Aimer c’est tout donner et se donner soi-même”. Supplions le Seigneur de nous aider à avoir les grâces nécessaires afin que nous soyons des instruments de son amour dans ce monde qui a tant besoin de lui et que nous puissions célébrer avec conviction et joie le mystère de sa résurrection, la victoire de la vie sur la mort (1 Co 15:54-57).

*Mme Nicole Facheux est étudiante en théologie à Hekima University College et membre de la Communauté Colonne de Feu

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