Solila: «Une occasion de repenser la vie» Fabrice Kameni, SJ

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« Il y a la vie à Solila ». C’est en ces quelques mots que Fabrice KAMENI, jésuite de la PAO (Province jésuite de l’Afrique de l’Ouest) décrit en cette année 2018, son expérience pastorale effectuée à Solila, une localité située dans la région de Fianarantsoa, située à environ 415 Km d’Antananarivo dans le sud-est de Madagascar.

Pour mon stage pastoral, j’ai décidé de venir à Madagascar travailler avec les jeunes de Fe y Alegria, déjà parce que j’ai un faible pour l’éducation des jeunes, mais surtout par le fait que l’éducation des tous petits est pour moi une nécessité. Je suis Fabrice KAMENI originaire du Cameroun, de la Province d’Afrique Occidentale. Actuellement en étude de théologie à Hekima College (Nairobi-Kenya).

J’ai tout de suite été frappé par l’accueil et la sympathie malgache

Nous sommes arrivés à Madagascar le dimanche 21 juin 2016. L’accueil a été très chaleureux en communauté. J’ai eu le plaisir de visiter certaines œuvres de la province comme Bevalala dont j’avais énormément entendu parler. Nous nous sommes mis en route le 24 juin pour Fianarantsoa et le 26 nous avons pu joindre Ikalamavony. La première impression concerne la route. Elle a été très difficile pour moi, surtout parce que c’était la première expérience. A Ikalamavony, j’ai rencontré une communauté paroissiale dynamique qui s’activait de toute énergie pour le bon déroulement de la kermesse. J’ai tout de suite été frappé par l’accueil et la sympathie qui nous étaient réservés par les compagnons et les paroissiens. Seulement cette belle ambiance n’a pas duré longtemps car le lundi suivant, on prenait la route pour Solila.

C’est à Solila que la grande partie de mon expérience s’est déroulée. Notre arrivée a tout été aussi chaleureuse et là j’ai aussi été marqué par l’engouement qu’avaient les résidents à la petite kermesse organisée par l’école en guise de levée des fonds pour la gestion de l’école. Je n’ai pas vraiment eu l’impression d’être ailleurs, dans un autre monde, je me suis vite senti chez moi. S’il y a un fait qui m’a beaucoup marqué c’est cette capacité d’accueillir l’étranger, particularité que nous africains nous partageons tous.

Transmettre la passion informatique aux jeunes malgaches

Mon expérience, consistait principalement à être avec les jeunes. J’ai été emmené à donner quelques cours de langue française à Vohibola et à Solila. A Solila, j’ai aussi eu l’occasion d’avoir avec les jeunes quelques séances de cours d’informatique. Une petite salle d’ordinateur a été installée à cet effet pour permettre aux jeunes de s’initier à l’outil informatique. J’ai été marqué par la curiosité dont faisaient preuve les enfants et leur volonté d’échanger en anglais et en français. On était arrivé à un point où ils ne pouvaient pas m’apercevoir et me laisser tout seul. L’autre de ma grande découverte c’est la rapidité avec laquelle des enfants, qui pour la première fois touchaient à un ordinateur, ont su prendre la main et à une vitesse exponentielle. J’ai eu par le passé à donner des cours d’informatique à des personnes respectables, mais leur faire manipuler la souris était un autre défi.

Si je suis parti de là avec un regret, c’est bien celui de ne les avoir pas enseigné d’avantage. Tellement nous avions pris gout que le temps en manquait. La seule barrière que j’avais devant moi est bien celle de la langue. Pour une telle expérience, l’acquisition de la langue est un outil indispensable pour transmettre un message. Il m’était donc difficile, lors de mes entretiens avec les jeunes de les exhorter à prendre leurs études au sérieux et d’avoir une ville sentimentale et affective responsables. Mon petit dictionnaire sur la tablette et de l’aide des certains jeunes observant mes hésitations m’ont beaucoup aidé à faire de mon mieux.

J’aimerais remercier la Compagnie de Jésus, la province de Madagascar et les compagnons Emile, Jean Guy, Jean de Dieu et bien d’autres qui m’ont permis d’avoir cette expérience très enrichissante pour ma formation théologique et anthropologique. Je me suis rendu compte par exemple, sauf erreur de ma part, que dans la langue malgache on s’intéresse beaucoup plus au verbe qui fait l’action qu’au sujet qui porte l’action. On peut aisément voir en filigrane l’enseignement même du Christ.

Fabrice KAMENI, SJ

(Article paru en premier lieu sur le site jésuite de la province de Madagascar)

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