«François est un pape cool pour les jeunes» Norbert Kabukapua, SJ

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Le synode sur la jeunesse vient de se terminer à Rome et les pères synodaux ont notamment invité dans le document final à « proposer aux jeunes une anthropologie de l’affectivité et de la sexualité capable de donner la juste valeur de la chasteté ». Le jésuite Norbert Kabukapua, étudiant en théologie  à Hekima University College, à Nairobi au Kenya, revient avec nous sur quelques points et attentes d’un synode sur la jeunesse. Il est au micro d’Honoré Onana olah :

Norbert Kabukapua SJ
Norbert Kabukapua SJ

Un synode pour les jeunes révèle l’attention particulière que l’Eglise a pour les jeunes. C’est une attention qui existe déjà à travers les structures de base au niveau local, et surtout avec le rendez-vous annuel des JMJ. Le synode des jeunes est ainsi une occasion de renouveler cette confiance et de découvrir davantage des réalités changeantes de notre monde, ce qui convient aujourd’hui pour bâtir une Eglise jeune pour des jeunes. Les jeunes ont besoin de ça. Ils ont besoin d’être encadrés, d’être écoutés. Ils aiment que leur point de vue soit accueilli et pris en compte. Ce Synode est un moyen pour eux de révéler leurs convictions profondes pour une Eglise forte. Un synode pour la jeunesse est aussi une occasion pour les jeunes de partager leurs expériences et leurs attentes. C’est un moment d’enrichissement mutuel entre les jeunes des diverses parties du monde. Et croyez-moi, à l’issue de telles rencontres, les participants ne sortiront pas indemnes, sans traces qui transformeront leur perception de la réalité.

Comme jeune peut-on dire que les débats au cours de ce synode ont répondu à vos attentes ?

Le thème choisi pour ce Synode a été pris avec soin : « les jeunes, la foi et le discernement vocationnel ». Aujourd’hui plus qu’hier, les jeunes s’interrogent sur le sens de notre foi. Le monde est de plus en plus en évolution et en ébullition. La technologie évolue à une vitesse éclair. Comment dans tout ce changement, la charité ne doit passer (1 corinthiens 13, 8). En quoi le message évangélique répond à la soif de l’homme, toujours en quête du sens de sa vie ? Les jeunes s’interrogent davantage sur qui imiter. Ils imitent facilement celui qui parle avec conviction, celui qui dit ce qu’il vit et vit ce qu’il dit avec conviction. Il est légitime pour eux d’aimer leurs stars de football, de musique etc. Nous avons le devoir de leur révéler un Jésus qui répond à leurs attentes, qui rejoint leur réalité et les passionne. Ils ont besoin du discernement vocationnel. Ils ont besoin de s’exprimer et d’être respectés dans leur choix. Le travail ici consiste à les éclairer. Malheureusement beaucoup ont abandonné cette tâche sous prétexte que les jeunes n’écoutent pas, sans s’interroger si à leur propre niveau ils les écoutent vraiment.  Les jeunes désirent être aussi accueillis quand ils se trompent. Il est donc important de les soutenir et de leur montrer l’amour nécessaire, qu’il n’y a pas de fatalité dans ce monde, puisque l’espérance dans le Christ rend possible ce qui semble impossible, puisque rien n’est impossible à Dieu (Luc 1, 37).

Comme religieux jésuite comment qualifier l’attitude du pape François à l’égard de la jeunesse?

Le pape François est très attentionné envers les jeunes. Il les comprend. Il rejoint leur réalité et leurs attentes, par un discours simple mais qui touche les cœurs. On peut sentir cela à travers ses messages lors des JMJ et tant d’autres adressé par exemple aux jeunes malgaches,… Son attention va également envers ceux qui inspirent les jeunes. On le voit accueillir des stars de football et bien d’autres, les rappelant qu’ils ont la tâche de communiquer des valeurs aux jeunes. Le pape François est un pasteur pour les jeunes. Non seulement pour les jeunes catholiques, mais de tous les jeunes qui trouvent en lui à la fois un guide spirituel et un pape cool.

Un mot en guise de conclusion!

Nous venons de célébrer saint Jean Paul II, ce pape contemporain qui nous a marqué par ses nombreux écrits visant à protéger et à promouvoir la vie humaine; j’aimerai reprendre ici une de ses célèbres paroles prononcée le 22 octobre 1978, au début de son pontificat : « N’ayez pas peur ». J’adresse cette invitation à tous les jeunes. Qu’ils n’aient pas peur de défendre leurs valeurs. Qu’ils sachent qu’ils connaissent mieux ce qui est meilleur pour eux que quiconque.  Qu’ils ne prennent pas subitement pour vrai ce que la majorité de leur entourage prône, puisque la vérité peut demeurer cachée innocemment et discrètement. Que les éducateurs n’aient pas peur des jeunes. Qu’ils n’aient pas peur de les aimer et de les approcher. Qu’ils se dépouillent des préjugés. Qu’ils accueillent les jeunes avec beaucoup de respect.

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