Migrations : Les Etats doivent-ils fermer leurs frontières ?

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Du 15 au 17 mars se tient à Hekima College, un symposium sur la crise migratoire dont fait face actuellement la société moderne. Intitulé « l’Humanité aux Frontières : Migration et société moderne », le thème général de ce dix-septième symposium, qu’organise cette institution jésuite basée au Kenya, veut mettre au cœur la question migratoire tout en essayant d’y apporter quelques éléments de réponse.

Pour cette journée du 15 mars 2017,  est intervenu en premier lieu le Dr Danson Lumumba Esese, enseignant à Hekima Institute of Peace Studies and International Relations (HIPSIR). Il a notamment soutenu la thèse de la fermeture des frontières pour protéger les citoyens de son territoire. Axant son propos « sur la libéralisation des frontières et les conflits liés à la sécurisation de ces dernières par les Etats ; selon lui, les nations ont le plein droit de contrôler leurs frontières ». A cause de la sécurité, en effet, « nos frontières sont un élément clé pour notre sécurité. » La nation, a-t-il ajouté est « la responsable de la sécurité des biens et des personnes ».

Depuis le 11 septembre l’humanité a disparu aux frontières

Faisant un lien avec l’actualité, le Dr Esese a fait remarquer que « le conflit qui oppose actuellement la Turquie et les Pays-Bas est lié à l’immigration, ainsi que le Brexit (sortie du Royaume-Uni de l’union européenne). Le président américain avec sa loi controversée sur l’immigration.

Le cas de « l’Australie qui ne veut pas d’immigrés ». Et le pays qui mène actuellement une campagne dure contre les migrants. Le cas du Kenya qui a récemment reçu la visite du Secrétaire Général de l’ONU à propos de « ses camps de réfugiés ».

Vu la complexité des situations aux frontières et du terrorisme, « l’humanité a-t-il rappelé, a disparu aux frontières depuis le 11 septembre 2011. Pour le prouver, a-t-il martelé, il suffit de le demander aux différentes organisations internationales (CICR, HCR, etc)  qui travaillent aux frontières ou dans les différents camps de réfugiés. Si nous voulons voyager de nos jours nous devons nous poser cette question : « Combien de frontières devrais-je traverser » ? a t il conclut.

Le JRS apporte une éducation de qualité aux réfugiés

Deuxièmement est intervenu le Dr Elias Omondi, SJ, Directeur de HIPSIR. Le jésuite a axé sa présentation sur le rôle des réfugiés comme une opportunité de développement socio-économique à partir d’une nouvelle vision de leur relocalisation. Selon lui, « la diversité enrichie. L’exemple du Canada qui a une politique d’immigration totalement différente de celle des USA actuellement en est un exemple de même que les Etats-Unis qui oublient être une nation de migrants. »

Tout en saluant le rôle des organisations internationales comme le Service des Jésuites pour les Réfugiés (JRS) qui apporte notamment une éducation de qualité pour les réfugiés, le Dr Omondi, SJ a également rappelé que « au moins 29 pour cent des réfugiés sont africains tandis que l’Afghanistan et la Syrie représentent à eux seuls plus de 50 pour cent ». Il a également souligné d’une part tout le processus d’accueil qui encadre les réfugiés et d’autre part fustigé la politique migratoire de plusieurs pays qui refusent d’accueillir les réfugiés ou de leur venir en aide.

Xénophobie en Afrique du Sud  et situation des migrants en Espagne

La deuxième partie de la journée a été consacrée à différentes interventions via online depuis l’Espagne pour parler de la situation de nombreux migrants qui « fuient la guerre en vue d’un meilleur avenir »; et l’Afrique du Sud qui fait face actuellement à une « vague de xénophobie à l’encontre des Noirs » alors que les Noirs de ce pays ont toujours été soutenus par les autres Africains durant la période d’apartheid.

La journée s’est terminée par des questions-réponses marquées surtout par une inquiétude des participants entre la sécurité de leurs nations et l’accueil à réserver aux réfugiés.

Honoré Onana Olah, SJ

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