Afrique: « Industries extractives et développement durable »

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Deuxième Conférence internationale après celle tenue en 2014, la Conférence internationale sur les industries extractives et le développement durable qui se tient au Kenya du 4 au 5 octobre 2016 à Hekima University College (HIPSIR), avec la présence annoncée du Cardinal Peter Turkson, Président du Conseil Pontifical Justice et Paix, rassemble des personnalités venues de tous les continents afin de réfléchir et de proposer des éléments de réponse pour une meilleure gestion et un développement durable. Intitulé « Extractives Industries in Africa: Addressing conflicts and Integrating Sustainable Development », le thème de cette conférence est un appel à  permettre aux industries extractives d’être des moteurs de paix et de développement durable.

Mgr Charles Daniel Balvo, Nonce Apostolique au Kenya et au Soudan du Sud, qui a lu le message du Cardinal Peter Turkson empêché, a souligné l’importance en matière minière pour les gouvernements de « diversifier leur revenus ». « Que pour chaque dollar généré par le secteur minier, a-t-il souligné, qu’au moins un tiers soit alloué à l’économie locale ». Le  Président du Conseil Pontifical Justice et Paix dans son message, est revenu sur les rapports entre les divers gouvernements et les Chinois qui œuvrent sur le continent. « Pendant longtemps a-t-il précisé le secteur extractif a été pour longtemps considéré comme une chasse-gardé de certains ». Il a invité à une plus grande transparence et un partage pour un développement durable des « économies africaines ».

« Dignité des personnes, respect du principe de subsidiarité »

Conférence HIPSIR
Thème de la Conférence

L’exemple de la Norvège a été cité par Mgr Charles Daniel Balvo, pour inviter les pays africains à pouvoir suivre ce type de modèle en matière de négociation et de développement durable pour le secteur des industries extractives. Les sociétés minières ont été également invitées à œuvrer dans le sens du « bien commun » pour une meilleure répartition des ressources naturelles.

« Dignité des personnes locales, respect du principe de subsidiarité » sont là quelques mots clés pour répondre aux différents challenges dans le domaine. Le Message du Pape dans son encyclique sur l’environnement Laudato Si, souligne encore le Cardinal Turkson dans son message, est une feuille de route pour nous en matière de  « prévision » et surtout « d’éducation » pour une meilleure prise en charge de « la Sauvegarde de la Maison Commune ».

« Re-imaginer notre approche »

Avant la lecture du message du Cardinal Peter Turkson par Mgr Charles Daniel Balvo, Nonce Apostolique au Kenya et au Soudan du Sud, introduit par le Père John Ghansah, SJ, Recteur et Supérieur de la communauté jésuite Hekima University College, une série d’intervenants ont adressé quelques remarques.

Selon le Père John Ghansah, SJ, qui est tout d’abord revenu sur la cérémonie d’art sur Laudato Si’ qui s’est déroulée dans le Campus I d’Hekima University College, nous devons « re-imaginer notre approche » afin de permettre à tout le monde de profiter de toutes les richesses que peuvent apporter les industries extractives. Pour le prélat,  les ressources extractives, « ne sont pas nôtres. Nous les avons découvertes car c’est Dieu qui les a faites pour nous ».

Le Père Kifle Wansamo, SJ, Vice-Recteur de la communauté jésuite Hekima University College avait auparavant débuté la séance par une prière suivi du mot du Père Elias Omondi, SJ, Directeur de HIPSIR (Institut de Paix et de Relations Internationales), qui a pour sa part souhaité la bienvenue à tous les participants, tout en soulignant également que cette Conférence internationale sur les industries extractives et le développement durable fait suite à celle tenue déjà tenue en 2014.

Mme Florence Mpayei, Modératrice de la Conférence a par la suite introduit les différents orateurs. C’est dans ce sens que le Dr Jan Cernicky, Directeur du Konrad Adenauer Stiftung au Kenya,  a dans son allocution, interpellé sur l’importance de la bonne gouvernance et le rôle des communautés locales surtout en matière d’environnement et de développement. Selon lui, « les problèmes qui surviennent localement doivent être résolus sur le plan local. »

Pour M. Maurice Makoloo, Représentant de la Ford Fondation en Afrique de l’Est, son souhait est « que la conceptualisation » des différentes approches  poussent à trouver et à apporter des aides pour les communautés locales en plein conflits. Il a également invité les religieux et ecclésiastique à maintenir un leadership pour les pays africains. Il est également revenu sur la dernière visite du Pape François au Kenya. « La voix du clergé a-t-il ajouté est très importante ; elle doit rester une voix prophétique». Selon lui, « il existe 2 types de silence qui nous parle : dans une chambre où se trouve un mort, on parle de silence de mort. Lors d’une conversation et une attente pour vous de dire quelque chose et que vous restez calme. C’est aussi un silence, mais qui parle. S’adressant aux participants pour conclure « Que votre silence et le nôtre soient un silence qui parle. »

Honoré Onana Olah, SJ

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