Jeudi de 1ère semaine de carême

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Quand nous ne nous entendons pas bien avec une personne, ou que nous avons peur d’elle, nous n’osons rien lui demander. Car demander, c’est s’exposer à un refus toujours possible. Alors on s’abstient de demander pour ne pas compliquer les choses…

Avec Dieu, nous dit Jésus aujourd’hui, ne faites pas ainsi : faites-lui confiance, n’ayez jamais peur de lui demander.

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu, chapitre 7, versets 7 à 12

                « Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira.

                Ou encore : Lequel d’entre vous donnerait une pierre à son fils quand il lui demande du pain ? ou bien lui donnera un serpent, quand il lui demande un poisson ? Si donc, vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vous enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent !

 


 

Oser demander. Si Jésus peut nous recommander cela, c’est que, le premier, il l’a vécu lui-même. Regardons-le prier. Lui, le Fils aimé du Père se sait déjà exaucé : avant la multiplication des pains, il lève le regard vers le ciel, bénit le pain et le partage à ses disciples. Il sait que Dieu lui a donné tout pouvoir, qu’il reçoit tout de lui. Avant la résurrection de Lazare, nous raconte l’évangile de Jean, Jésus lève les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâces de m’avoir exaucé. Je savais bien que tu m’exauces toujours ». Puis il ordonne à Lazare, enseveli depuis trois jours, de sortir du tombeau.

Jésus, le Père l’exauce toujours ! Et moi ? Je repense à mes demandes à Dieu : celles qui ont été exaucées, celles qui ne l’ont pas été. D’où mes joies et … mes déceptions.

Je reviens à Jésus en prière, et je le contemple, au jardin des Oliviers à Gethsémani, tremblant devant la mort, je l’entends demander à son Père : « Abba, Père, si c’est possible, que cette coupe de souffrance passe loin de moi. Pourtant, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ». Le Père écoute le Fils, mais il lui laissera boire la coupe de la souffrance et de la mort ; il l’exaucera en le ressuscitant le troisième jour. La prière de Jésus pendant son agonie, c’est pour nous le modèle indépassable de toute prière. « Père, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ». Il ne s’agit pas d’amener Dieu à vouloir ce que nous voulons, mais tout juste l’inverse.

Jésus nous invite à demander au Père avec la même confiance qu’ont les enfants envers leur père ou leur mère, en sachant qu’ils ne peuvent être rejetés. Nous ne prions pas Dieu pour l’informer de nos besoins. Il sait bien, avant même que nous ne lui ayons rien demandé, ce dont nous avons besoin. Il le sait même mieux que nous.

Mais alors, à quoi bon prier, si Dieu sait déjà ? Prier n’est pas nécessaire pour Dieu, c’est nécessaire pour nous. Pour nous tenir devant lui les mains ouvertes, en attendant tout de lui. Dans notre juste attitude d’êtres de besoin et de désir, confiants que le Père nous entend, qu’il accueillera notre demande et nous donnera ce qui est « bon pour nous ».

Peut-être pas de la manière dont nous le pensions, car nous ne savons pas toujours ce que nous demandons. « Vous ne savez pas ce que vous demandez », dit Jésus aux deux frères, les fils de Zébédée, qui demandent les places d’honneur dans son royaume.

« … combien plus donnera-t-il de bonnes choses » : en Luc, nous lisons : « combien plus donnera-t-il l’Esprit Saint ». Y a-t-il meilleure chose à demander à Dieu que le don de son Esprit ?

Et il fait durer longuement la Cananéenne dans sa demande, elle qui le poursuit de ses cris jusqu’à enfin obtenir de lui la guérison de sa fille. Jésus l’a fait grandir dans sa foi. Quelle est ma persévérance dans la prière ?

Quelle est mon attitude devant Dieu ? Celle d’un bébé capricieux qui exige à grands cris que l’on fasse immédiatement ce qu’il veut ? Ou celle d’un pauvre qui se tient en silence dans l’attente, les mains ouvertes ?

 

Jésus, tu nous appelles à nous adresser à ton Père,

qui est aussi notre Père,

comme toi, en toute confiance,

sûrs qu’il répondra toujours à notre prière

en nous donnant ce qui est bon pour nous,

même si ce n’est pas ce à quoi nous nous attendions.

Père, accueille-nous en ta bonté,

donne-nous ton Esprit d’amour pour nous mener vers Toi ! Amen !

 

P. Jacques Fédry, sj

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