Samedi après les cendres

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Aujourd’hui, nous regarderons Jésus appeler parmi ses douze proches collaborateurs, ses apôtres, quelqu’un que l’on n’attendait pas. Un publicain, c’est-à-dire un fonctionnaire des impôts ; une de ces personnes qui travaillaient au service des colons romains, qui commandaient alors la Palestine en force d’occupation étrangère. Fonctionnaires souvent corrompus, les publicains profitaient de leur situation pour s’enrichir. Une catégorie de gens détestée par tous. Et voilà que Jésus s’arrête devant le bureau d’un de ces hommes…

 

Évangile de Jésus-Christ selon Saint Luc, chapitre 5, versets 7 à 32.

Jésus sortit et remarqua un publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts) du nom de Lévi assis au bureau des impôts. Il lui dit : « Suis-moi ». Abandonnant tout, l’homme se leva et il le suivait.

                Lévi donna pour Jésus une grande réception dans sa maison ; il y avait une foule nombreuse de publicains et d’autres gens attablés avec eux. Les pharisiens et les scribes de leur parti récriminaient en disant à ses disciples : « Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs ? »

                Jésus leur répondit : ‘Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas des justes mais des pécheurs, pour qu’ils se convertissent’. »

 


 

En ce temps de carême, où les mots de pénitence, renoncement, mortification, jeûne, privation, conversion, nous font froid dans le dos et nous inquiètent, il est heureux que nous soit donné un récit de conversion célébré dans la joie par un grand repas. Le publicain Lévi, qui deviendra l’apôtre et l’évangéliste Matthieu, a sans doute été stupéfait de voir Jésus s’arrêter devant son bureau, et l’appeler. Il n’aurait jamais cru cela possible. Un bref appel, deux mots : « Suis-moi », et sa vie bascule par une décision prise en un instant, une poussée de tout son être vers le Christ : « Abandonnant tout, il se leva et le suivit ». Il ne sait pas encore où tout cela va l’entraîner. Tout à la joie d’avoir été appelé par le Christ pour être son ami, son disciple, Matthieu veut faire part de son changement de vie à tous ses collègues et amis. Il les invite pour un festin. « Vous vous rendez compte ? Moi, un publicain, le Maître m’appelle pour le suivre ! Mais il faut fêter ça ! Il faut que ça se sache ! »

            Et pour vous, et pour moi ? Avoir fait la connaissance de Jésus, est-ce que cela a transformé notre vie ? Est-ce la source d’une joie profonde que j’ai envie de communiquer à d’autres, comme Matthieu l’a fait en organisant un festin ? Est-ce une rencontre qui a réveillé en moi le meilleur de mes énergies, de mes capacités, comme ce fut le cas pour Matthieu qui mit au service du Christ et de l’Église ses dons d’écrivain en rédigeant le premier évangile ? Une contribution si précieuse pour tous les disciples de Jésus-Christ des générations futures !

             Les pharisiens et les scribes, eux, sont choqués : s’il mange avec les publicains et les pécheurs, ce Jésus peut-il être vraiment un envoyé de Dieu ?

            Jésus a entendu leur remarque aux disciples (ils n’ont pas osé la lui faire à lui directement), et il a senti leur indignation. Il leur dit : « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs pour qu’ils se convertissent ».

Une parole que peuvent méditer avec profit les personnes qui n’osent pas aller communier parce qu’elles se sentent indignes. Comme si un malade avait honte d’aller voir le médecin pour lui présenter sa maladie… Bien sûr, nous sommes invités à recourir autant que possible au sacrement de réconciliation, et tout spécialement en ce temps de carême. Mais le sentiment de notre indignité ne doit pas nous empêcher de recevoir habituellement le corps du Christ. Jésus, lui, n’a pas peur de notre mal, il touche le lépreux que tout le monde fuit, il le guérit. Il appelle les pécheurs non pour les encourager à rester dans leur péché, mais pour qu’ils se convertissent. Quel que soit notre mal, notre maladie.

 

Seigneur Jésus, je viens à toi, avec mon mal, ma maladie,

que tu connais mieux que moi.

Tu n’as pas peur de t’asseoir à la même table que moi.

Viens, Jésus, me guérir ; viens me sauver ; viens me transformer,

Toi qui es venu non pas pour les justes,

mais pour les pécheurs. Amen !

 

P. Jacques Fédry, sj

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