Mercredi des Cendres

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Pourquoi recevoir des cendres sur la tête ? S’agirait-il d’un deuil ? Non. Nous refaisons simplement le geste des habitants de Ninive quand ils se sont convertis à la prédication du prophète Jonas. Ces cendres reçues sur notre front disent notre volonté de changer de manière de vivre, de retrouver l’amitié avec Dieu, avec nos frères et sœurs. Un nouveau départ. « Convertis-toi, et crois à la bonne nouvelle », voilà la parole que nous recevons en même temps que la cendre sur la tête. Ce carême est une chance de conversion : réorienter, réordonner notre vie.

– chance de retrouvailles avec notre Créateur et notre Père, dans la joie de nous laisser aimer par Lui d’une manière nouvelle ;

– chance pour vivre unis à Jésus-Christ, à la lumière de sa résurrection, en aimant les autres à sa manière.

 

Évangile selon saint Matthieu, chapitre 6, versets 1-18.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :               

« Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.

                Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.

Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.

                Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.

Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret, ton Père voit dans le secret, il te le revaudra.

                Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.

Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi et lave-toi le visage ; ainsi ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret : ton Père qui voit au plus secret te le rendra. »

            Ainsi, Jésus nous invite à des retrouvailles avec notre Père du ciel. « Ton Père te voit dans le secret » : une intimité avec Lui à retrouver. « La main droite ignorant ce que fait la main gauche » : générosité, mais aussi refus de s’approprier le bien que l’on fait, car tout vient de Dieu.

Les trois pratiques dont parle Jésus, l’aumône, la prière et le jeûne, sont communes aux Juifs, aux chrétiens et aux musulmans. Elles viennent de l’ancien testament. Mais Jésus nous montre comment les vivre en lien étroit les unes avec les autres, entièrement orientées vers la rencontre aimante avec notre Père du ciel et en même temps avec nos frères et sœurs de la terre :

  • prier : le carême est un temps favorable, un temps de grâce, pour renouer le lien avec notre Père, qui voit dans le secret de mon cœur ;
  • jeûner : le carême est un temps favorable, un temps de grâce, pour montrer à Dieu que je l’aime, par un petit changement significatif de ma vie, une petite privation – boisson, nourriture, cigarette, télévision – ou un geste de service autour de moi ; cela pour me disposer à la grâce de celui qui m’aime et voit dans le secret de mes activités ;
  • partager : le carême est un temps favorable, un temps de grâce, pour faire un peu plus attention aux autres autour de moi, voir ceux qui souffrent et sont démunis : peut-être en leur donnant nourriture ou vêtement avec ce dont je me serai privé, ou en donnant un peu de mon temps, par une visite à un malade, à un parent isolé ; un service rendu à un voisin ; une réconciliation avec un époux, une épouse, un frère, une sœur, un ami avec qui je suis brouillé… bref un geste de bonté.

Jésus, donne-nous d’entrer en carême avec un cœur généreux,

de prier, de jeûner, de partager comme toi,

dans la simplicité, la joie, l’humilité.

Sois avec nous pendant nos quarante jours au désert,

Que ta grâce change notre cœur et notre comportement,

pour mourir à notre égoïsme et ressusciter à une vie nouvelle,

pour retrouver l’amitié avec Dieu notre Père,

et en même temps avec nos frères et sœurs. Amen.

Jacques Fédry, sj

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