NOVICIAT: première session de l’Inter-Noviciat 2015-2016

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Du 09 au 14 novembre 2015, s’est tenue au centre spirituel des Franciscains de l’Emmanuel à Melon II, la 1ère session de l’Inter-Noviciat de la région Littoral-Ouest, pour le compte de l’année 2015-2016. Cette session avait pour thème central le discernement.

Ayant quitté Bafoussam-Kena à 15h27min, il a fallu 1h56 min pour que les novices de la Compagnie de Jésus, Province d’Afrique de l’Ouest, rejoignent ce lieu. A leur arrivée à 17h23 min, ils ont été accueillis et installés par les hôteliers des lieux. Après une brève sieste, se tenait à 18h 50 min, la messe d’ouverture de cette session, présidée par le P. Christophe Eitel, maitre des novices des missionnaires du Sacré-Cœur.

Cette célébration eucharistique fut suivie par le repas et les travaux. Par la suite, eut lieu la soirée d’accueil proprement dite. Elle débuta par la prière d’ouverture dirigée par le P. Eitel, modérateur de cet Inter-Noviciat. Suivait la présentation des novices et de leurs maitres et maitresses, précédée par le mot de bienvenue du Fr. Bonaventure, maitre des novices des Franciscains de l’Emmanuel.

Au total, 37 novices et 7 formateurs, pour 7 congrégations, dont 3 féminines et 4 masculines. Etaient représentées du côté féminin ; les Sœurs de la Sainte Union (7 novices), les sœurs Servantes de Marie de Douala (2 novices), et les Sœurs Servantes de Marie Immaculée de Nkongsamba (1 novice). Comme congrégations masculines, nous avions : les Missionnaires du Sacré-Cœur (10 novices), la Compagnie de Jésus (10 novices), les Moines Cisterciens de Koutaba (3 novices), et les Franciscains de l’Emmanuel (3 novices.)

Il était 21h 40 min quand le P. Eitel, après une présentation sommaire du programme de l’inter-Noviciat, a clôturé la soirée.

Une fois cette première journée achevée, il ne restait plus qu’à consommer les cinq autres jours restant qui, en effet, constituaient la phase d’enseignement et de ressourcement spirituel de cette session.

Le 1er jour d’enseignement fut donc le mardi 10 Novembre 2015. Une journée essentiellement basée sur la vie consacrée. Bien que cette session ait pour thématique centrale le discernement, les formateurs avaient jugé opportun d’éclairer les novices sur la nature et le sens même de la vie consacrée. C’est dans cette optique que la sœur Hortense Yefon, maitresse des novices des sœurs de la sainte union de Nkongsamba, exposa aux novices un bref aperçu sur la vie consacrée.

En partant du fait que la vie religieuse est fondamentalement un appel, un don de Dieu et un prolongement de l’agir du Christ dans l’humanité, la sœur Hortense a défini la vie consacrée comme étant une forme de vie stable par laquelle des fidèles s’offrent entièrement à Dieu, en vue de la construction de l’Eglise et du salut du monde. C’est pourquoi le premier souci de la vie consacrée est la mission, c’est-à-dire « porter l’évangile aux hommes et aux femmes d’aujourd’hui ; c’est une confrontation au processus de la mondialisation », a souligné notre paneliste du jour. Cette vie consacrée trouve son fondement tant sur le plan évangélique que théologique. Elle est vécue dans la fraternité, l’unité dans la diversité, l’écoute de la parole. La personne consacrée choisit de vivre les conseils évangéliques dans la simplicité, la modestie  et l’humilité et dans un type de famille précise. C’est ce qui explique la diversité des formes de vie consacrées dans l’Eglise. Pour finir, la sœur a revisité la lettre apostolique du Pape François pour l’année de la vie consacrée. En substance, le Pape insiste sur la joie que doit apporter le religieux aux personnes souffrantes. Il affirme : « là où il y a les religieux, qu’il y ait la joie » ; invitant ainsi les religieux (ses) à gouverner leur vie par trois aspects fondamentaux : l’Evangile, la prophétie, et l’espérance.

Cet exposé a été suivi par une intériorisation et une réflexion sur des questions d’approfondissements. La mise en commun des différents groupes a permis de justifier l’attention des novices portée à l’égard de cet enseignement enrichissant. La fin de ce jour fut couronnée par un film sur la vie religieuse franciscaine illustrant les propos avancés par la sœur durant la journée.

Ces connaissances sur la nature de la vie consacrée étant assimilées, les novices étaient dès lors disposés à cerner les contours de l’une des notions essentielles de la vie religieuse : le discernement.

Ce thème leur fut servi par le Révérend Père Thomas d’Aquin MBATNA TAIWE, SJ., préfet des études au collège Libermann à Douala-Cameroun.

Du mercredi 11 au vendredi 13 Novembre 2015, les novices ont pu s’approprier ce terme spirituel grâce à la délicatesse de l’enseignement du P. Thomas, ainsi que l’efficacité qui accompagnait sa pédagogie.

inter-noviciat2-2015D’entrée de jeu, il a le mercredi 11 Novembre, défini le discernement comme étant la séparation du bien et du mal, le but recherché étant la volonté de Dieu. Cette volonté est recherchée entre plusieurs esprits encore appelés voix ou motions. C’est pourquoi à côté du discernement spirituel ici défini, nous avons le discernement des esprits. Comme esprit, nous retenons un Dieu qui s’impose sans se faire voir, un esprit mauvais qui se dissimule et suggère, et notre propre voix. Tout en tenant compte des états psychologiques, le P. Thomas a insisté sur le fait que le discernement ne vise pas seulement le choix, mais aussi la finalité de ce choix dans notre rapport avec Dieu. Notons aussi que le discernement tire sa source non seulement dans la Bible, mais aussi dans la tradition, notamment avec les Pères de l’Eglise. Dans la Bible, on peut clairement le voir à travers le mauvais discernement d’Adam et Eve (Gn3, 1-7), ou encore le bon esprit donné à Salomon par Dieu pour guider son peuple (1 Rois, 3, 9) etc. Quant aux Pères de l’Eglise, ils peuvent être subdivisés en deux : les Pères orientaux tels qu’Origène et St Antoine, et les Pères occidentaux à savoir St Augustin et Jean Cassien. Tout compte fait, ces derniers mettent en exergue l’existence d’une diversité d’esprits en nous. C’est pourquoi la doctrine johannique met un accent particulier sur la confession dogmatique, l’autorité de l’Eglise, la justice, la nécessité de l’expérience intérieure et la communion avec les personnes divines. Ces enseignements ont été mieux assimilés en soirée par une projection sur la vie d’Edith Stein, encore appelé Thérèse Bénédicte de la Croix.

L’enseignement du jeudi fut à son tour basé sur l’expérience de saint Ignace. Influencé par l’expérience de St François et St Dominique, St Ignace pratique l’ascèse pour combattre le mal. L’illumination du Cardoner est une de ses expériences qui révèle que l’esprit de Dieu se manifeste dans la joie et la paix du cœur. C’est ce qu’il appelle la consolation, c’est-à-dire un mouvement intérieur qui est excité dans l’âme et qui s’enflamme dans l’amour de son créateur et Seigneur. La consolation est caractérisée entre autres par des signes extérieurs de larmes qui manifestent un grand amour de Dieu, l’absence de confusion dans les motions, l’accroissement de la foi, de l’espérance et de la charité. Elle s’oppose à la désolation qui est un état de trouble de l‘âme, une inclination aux choses basses et terrestres ; des choses qui nous laissent dans la tristesse, la paresse et la tiédeur, sans espérance et sans amour. La consolation n’est pas à confondre avec la fausse consolation : la tentation du démon sous l’apparence de l’ange de lumière. C’est pourquoi le discernement a des règles. En se basant sur le livre des Exercices spirituels de St Ignace, le P. Thomas a fait ressortir quelques idées majeures : il faut accepter la désolation comme un test et la contrattaquer avec patience ; la désolation est un don car elle prépare la consolation. Le novice pour un bon discernement doit aussi communiquer et s’ouvrir à son formateur pendant les accompagnements.

Le P. Thomas a trouvé mieux de conclure le jeudi avec l’expérience du Père Eric de Rosny SJ. Ce dernier en effet constate notamment dans les cultures africaines que des personnes vivent dans l’angoisse et la peur. Soit à cause des interdits traditionnels, ou d’une présence humaine hostile et invisible que l’on ressent. Comme solution à ce problème, le P. Eric propose d’inviter Jésus et à le mettre entre le mal et soi-même. D’autre part, il faut procéder à une enquête psychologique sur l’état mental de la personne dans des cas spécifiques comme les rêves troublants, les repas de nuit. Une autre catégorie de personne pense parfois être bloquée. Selon le P. Eric, il faut dédramatiser la situation, y chercher le positif et redonner confiance et courage. Il recommande aussi la lecture des psaumes en y recherchant la volonté de Dieu, et en invitant la victime à laisser Dieu venger ses ennemis. Les sacramentaux ne sont pas à omettre.

Cette dernière séance d’enseignement était également une sonnerie d’alerte à la fin de l’inter-Noviciat. Toute la communauté se retrouvait par la suite au réfectoire pour un repas fraternel et symbolique. Mais la fin de cette première session prit acte à travers l’évaluation faite par les novices et les formateurs sur l’inter-noviciat en général, mais aussi et surtout la soirée qui eut lieu à 20h 45 min.

Cette soirée débuta par le mot de remerciement de toute la communauté de l’inter-noviciat au P. Thomas MBATNA SJ. Venait ensuite la présentation de toutes les congrégations représentées.

La Compagnie de Jésus fut à cet effet présentée par l’admoniteur du noviciat, KAM SAMI Eliezer, qui à la fin de son mot, a invité les novices jésuites à exécuter un chant de paix, pour symboliser l’une des dimensions fondamentales des défis actuels de la mission jésuite, notamment dans notre province.

Il était exactement 22h22 min lorsque toute l’assemblée de l’inter-noviciat exécutait le salve Regina, chant qui marquait ainsi la fin de cette soirée.

En réalité, cette soirée était également la clôture de cette première session de l’Inter-noviciat 2015-2016, car au lever du jour, après la messe et la prise du petit déjeuner, toute la communauté de l’inter-noviciat se réunissait pour une photo de famille, bref, pour une photo d’au revoir.

 

                                                                                                                Joël Anselme KOUAM

                                                                                                                                                                                         Noviciat St Ignace

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