La Fête de Saint Ignace au Noviciat de Bafoussam

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Fêter saint Ignace est une réelle occasion de rendre grâce au Seigneur pour le don qu’il a fait de cette personne à l’Eglise. Mieux encore fêter le saint fondateur d’un ordre dont on fait partie, c’est aussi demander à ce membre de la cour céleste d’intercéder   pour la croissance des membres de son ordre. C’est ainsi que la Compagnie de Jésus, ordre né pour la défense et la propagation de la foi selon la Formule de l’Institut de 1540, fait mémoire de son fondateur le 31 juillet   de chaque année à Bafoussam. Pour mieux vivre cet événement avec toute l’Eglise, la communauté du noviciat, a voulu commencer par une neuvaine. Pour notre communauté, cette neuvaine était un moyen pour se préparer   à célébrer   cette solennité en priant par l’intercession de saint Ignace pour les compagnons de Jésus ainsi qu’à de multiples intentions.

C’est dans cet esprit qu’a été organisé le 30 juillet d’abord un échange d’expériences personnelles sur les Exercices Spirituels entre les novices sous le regard du Maître des novices puis une soirée récréative et festive où les novices ont fait montre   de leurs talents et de leur créativité. On peut y citer des jeux, de poèmes, des sketches, des blagues et surtout la représentation théâtrale de la vie de saint Ignace. Il faut signaler que la pièce a été jouée selon le contexte africain. C’est pourquoi l’Inigo Africain dans son processus de conversion désire imiter les exploits des pères tels que Matungulu Oténé, Engelbert Mveng, Meinrad Hebga et bien d’autres en renonçant à notre société actuelle très consumériste et hédoniste. Cette soirée s’est achevée par la distribution de cartes de souvenir contenant une citation de saint Ignace, puis le mot final et la bénédiction du Maître des novices et le recueillement en chambre dans un silence de prière en attendant le jour ‘’J’’.

Le vendredi 31 juillet 2015, à 11h00, c’est le début de la messe, moment tant attendu. Dès le début, le célébrant principal, le Révérend Père Lado Ludovic, S.J situe le sens de l’événement que la Compagnie célèbre aujourd’hui : du fondateur de l’Ordre. Et pour le Père Lado, qui dit fondateur, dit fondation, fondamental. En un mot, il s’agit de revenir à la racine, et cette racine c’est le Christ lui-même. Vient ensuite la liturgie de la parole, tant attendue par l’assemblée des novices et des laïcs venus nombreux pour la circonstance. Les lectures (Jérémie 20,7-11a.13, Philippiens 3,8-14 et l’Evangile de saint Luc 12,49-53 renferment un même thème, le Feu qui a retenu l’attention du prédicateur. Le père Lado a centré son homélie sur ce feu qui brûle en l’homme et l’invite à être prophète pour son temps. Toute vocation a pour source ce feu qui brûle au fond de l’homme et le rend invaincu devant les adversités. Le prédicateur précise que ce feu a sa source hors de nous, mais qu’il est en nous. Il nous pousse à dire ce que nous ne voulons pas dire, des choses qui nous causent des ennuis. Mais pour que ce feu puisse brûler en nous, il nous faut un discernement et nous laisser orienter par ce dernier pour que Dieu puisse réaliser ses merveilles en nous. Parlant   du feu qui brûle, le père Lado a fait référence à l’un des décrets de la 35è Congrégation Générale (D.2, 1, P.49), qui s’intitule ‘’Un feu qui en engendre d’autres’’. Ce feu qui brûle en l’homme doit être contagieux.

Faisant une brève présentation du saint fondateur, le père Lado souligne qu’Ignace était un homme ambitieux et désireux de conquérir les vanités de ce monde. Mais c’est au détour d’un accident qu’il discerna et décida de donner une orientation à sa vie, prêtant attention au feu qui brûlait en lui. Pour le père Lado, chaque chrétien, et à plus forte raison le religieux est appelé à laisser ce feu brûler en lui afin d’aller brûler le monde – et non l’incendier, insiste le père. C’est la mission du prophète : dénoncer.

Le Père Lado reconnaît que ce feu qui brûle et qui veut brûler le monde rencontrera des sapeurs-pompiers (les dénonciateurs, les inquisiteurs) qui vont chercher à éteindre ce feu.

Mais il revient aux chrétiens de ne jamais laisser ce feu s’éteindre. Et d’ailleurs nous n’avons pas d’interrupteur, l’interrupteur est le Saint-Esprit, conclut le père. Après cette nourriture de l’âme, il fallait passer à la seconde table. L’Eucharistie vient couronner   la célébration. Les paroles entendues sont intégrées dans cette action de grâce, le sens même de l’Eucharistie. Après la célébration, les novices ont du mal à cacher leur joie que révèle la danse dans la chapelle.

Une agape fraternelle avec tous les fidèles présents à la messe ainsi qu’un film dans l’après-midi  ont clôturé la journée. Que l’Eternel est Bon !

 

Aimé DJIMASRA, SJ

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